#jardiner

Câline, je ne sais pas par où commencer. J’ai un bon ami qui est jardinier, il me parle souvent de son métier. Il est tellement passionné que son enthousiasme est contagieux. J’ai décidé d’écrire cet article suite à son dernier post du 5 avril où il répond à son homologue de Victoriaville.

Je sais à quel point cette période est une période normalement stressante pour tous ceux qui exercent la profession. Non seulement ils dépendent de tout un tas de facteurs (températures, approvisionnement, logistique, manque de personnel, etc.) et ne peuvent pas prévoir le déroulement de la saison; il fallait que le #COVID19 s’en mêle!

Avoir une jardinerie, un centre jardin, un magasin pour les rêveurs; c’est pas pour les peureux!

Tout d’abord, ce sont des gros coûts avant même que le consommateur réalise qu’il se passe quelque chose au centre jardin. Puis, même si ce sont des endroits magiques, la besogne ne se fait pas toute seule. On est loin d’Harry Potter. C’est plutôt:  »Boulot, jus de bras, respect des échéances et rock’n’roll. »

Le travail à abattre est colossal avant que l’on ne soit prêt à vous accueillir dans les serres où la thérapie de la couleur se fait immédiatement sentir. Vous êtes énervés d’aller agrémenter votre lieu de vie avec des fleurs et des vivaces et de vous bourrer la face dans votre potager (grand bien vous fasse, c’est délicieux!); mais il ne faut pas ignorer tout ce que ça prend comme efforts pour vous livrer ça. ET, ça continue toute la saison. Au fait, si vous êtes intéressés à connaitre les dessous du métiers (sûrement que ces jours-ci vous avez mieux à faire, mais j’insiste…), je vous invite à regarder les vidéos produits par les Jardins André Carbonneau. Saviez-vous qu’il est passé au téléjournal et que l’un de ses vidéos a été vu a plus de 300 000 fois? C’est un gars extraordinaire. Aimez donc sa page au passage et puis écrivez-lui un petit mot en soutien. Je vous dis ça parce que son message a été entendu mais qu’il reste du chemin à parcourir pour que les bottines suivent les babines, comme on dit.

Je vous propose d’inonder le net avec #monjardinierestessentiel comme nouveau hashtag en soutien au jardineries du Québec. Qu’est-ce que ça vous coûte?

On leur a dit que la production de légumes était essentielle. Le vidéo d’André a fait reconnaître au gouvernement que la production de plants de légumes rendait leur travail essentiel. Seulement, il semble qu’ils ne pourront pas ouvrir leur portes pour écouler leurs stocks si la pandémie continue. En plus, on leur refuserait le droit de préparer des commandes qui seraient livrées ou ramassées sans contact.

Le sentiment d’injustice qui soulève l’industrie est, à mon sens, parfaitement légitime. Comment se fait-il que les grands empires conservent le pouvoir de continuer leurs activités sans restrictions, alors que les micros-petites-moyennes entreprises de ce monde vont peut-être devoir fermer définitivement? Dans le cas spécifique des jardineries, qui produisent des plants de légumes essentiels à nourrir la population; pourquoi leur permettre la production mais leur refuser la vente sans contact? Vous savez si les grandes surfaces vont, pour leur part, continuer de vendre ces plants de légumes normalement? Il semble que oui.

Les deux côtés de la bouche

D’un côté de la bouche, le gouvernement annonce de l’aide et créé même une plateforme d’achat local; de l’autre, il met à mort ces entreprises locales en leur refusant le droit de continuer leurs activités même quand il leur est possible de le faire en respectant les règles de sécurité. Je suis perplexe. Je ne me positionne pas souvent politiquement et je trouve que le gouvernement du Québec fait un excellent travail en apportant l’aide aux citoyens rapidement; mais la sandale blesse (ben oui, ça va être l’été bientôt), ici.

Pourquoi les grandes bannières continueraient de fournir les consommateurs en produits non essentiels, alors qu’il est interdit aux plus petits de le faire? Ma réflexion va comme suit:

Scénario actuel (corrigez-moi si je me trompe, svp)

  • Demander à la population de rester à la maison et de ne sortir que pour se procurer le nécessaire.
  • Être obligé de donner des amendes pour que ce soit respecté.
  • Des grandes surfaces qui offrent toute la gamme de produits habituels.
  • Des gens qui sortent pour faire du magasinage parce qu’ils en ont marre d’être en confinement.
  • Des gens qui parcourent de plus grandes distances parce que les produits disponibles ne sont pas les mêmes partout.
  • Résultat : Éloignement partiel du but recherché d’aplanir la fameuse courbe.

Solution 1 (drastique)

  • Le nécessaire dans les magasins locaux
  • Suffisamment de produits pour la population
  • Des gens qui sortent pour se procurer le nécessaire et revenir à la maison tout de suite après parce qu’il n’y a rien d’autre à faire.
  • Restreint automatiquement les déplacements sans faire intervenir les autorités.
  • D’autres raisons de rassemblement demeurent un problème mais on a plus de temps pour les gérer.
  • Résultat: Maintien des iniquités et favoritisme des grands lobbys

Solution 2

  • Le nécessaire dans les magasins locaux déclarés essentiels et la possibilité de ramassage sans contact dans les autres commerces qui peuvent assurer un respect des règles.
  • Les grandes surfaces peuvent vendre directement aux consommateurs les produits alimentaires et de nettoyage uniquement.
  • Tous les autres produits devront être achetés en ligne et livrés à domicile ou être ramassés sans contact avec une pré-commande.
  • Circulation locale permise seulement.
  • Résultats anticipés :
    • Pas de flânage dans les magasins.
    • Plus d’équitabilité entre les entreprises.
    • Désintérêt pour les citoyens de parcourir de longues distances pour obtenir les mêmes produits partout.
    • Plus de flexibilité parce qu’on achète local et on encourage la croissance dans la communauté.

Je ne sais pas, moi. Probablement que ma vision de la situation est biaisée et limitée. Ce que je sais, par contre, c’est que les gens seront moins enclins à sortir, sans nécessité pour renforcer le confinement par les autorités, si ce qu’ils peuvent consommer doit faire l’objet d’une commande en ligne avant le ramassage ou l’expédition.

Je sais, vous allez me tirer des roches en me disant que ce sont encore les plus pauvres qui vont en souffrir parce qu’ils n’ont pas de cartes de crédits. Je vous répondrai que tout ce qu’on a de besoin pour vivre sera disponible en personne. Dans le meilleur des cas, le commerçant local pourra choisir d’accommoder le consommateur. Dans le pire des cas, le reste devra attendre.

Tout est éphémère au temps du #coronavirus

Cette situation est temporaire. Elle dépend des efforts que nous sommes prêts à faire pour limiter les dégâts. Pensez qu’il va falloir revenir au quotidien après la pandémie. Si votre localité a perdu 40% de ses commerces, vous devrez vous déplacer plus loin pour obtenir ce dont vous avez besoin. Je vous demande donc ce qui est préférable.

Je pense que pour certains d’entre nous, mettre la vie sur pause était nécessaire pour renouer avec l’essentiel. Le changement d’attitude et l’acceptation de la situation dépend de votre résilience et de votre volonté à changer votre  »mindset ». Regardez autour de vous. D’une façon, vous êtes le privilégié de quelqu’un. Être privilégié ne s’arrête pas à la fortune matériel accumulée au fil du temps et des efforts mis pour y arriver. Être privilégié, c’est vivre dans une société où j’ai le droit d’écrire cet article, où il ne pleut pas de bombes sur ma tête, où même temps de crise j’aurai toujours quelque chose à me mettre sous la dent, où même en temps de crise j’ai la possibilité de communiquer avec mes proches et de faire de bonnes actions, où j’ai encore le droit de mettre le nez dehors parce que je respecte certaines règles pour ma sécurité et celle des autres. Être privilégié, c’est être capable de penser à demain et de dénoncer certaines inéquités.

À tous ceux qui sont en survivance présentement, mes pensées sont avec vous. À tout ceux qui considèrent qu’on les a abandonnés, je vous envoie du courage. À mon ami jardinier, j’espère que cet article est un baume sur cette longue journée.

Je t’aime et j’espère que les gouvernements entendront votre appel. Oui, on va manger des légumes qui proviendront de plants que vous aurez produits ce printemps, parce que vous êtes essentiels à un Québec sain, autonome et bien nourri.

#monjardinierestessentiel

Je serais curieuse de lire vos solutions! SVP commentez, partagez cet article. On trouvera peut-être ensemble une solution.

Dee.

Un jour à la fois.

Il est de ce monde, des scènes tellement émouvantes que les mots échouent à décrire. Une étoile scintillante, la constellation d’Orion, un mouvement d’entraide, un ruisseau lumineux, le rire haut-perché d’une vieille qu’on affectionne, le gros-colleux du petit dernier, la bouffe de grand-maman, un souper de famille, notre potager en pleine croissance, nos enfants qui nous épatent.

La vie se livre à nous a petits pas, sans flafla. Elle est vraie, elle se compose de tout ce qu’on aime, tout ce qu’on attend, tout ce qui nous rend vulnérable. Elle est merveilleuse et magique. Elle est douce et rude à la fois. Elle est roses et marguerites, pivoines et muguet.

Elle se livre à nous comme on lit notre roman préféré, comme on dévore une série qu’on découvre, comme on embrasse un amant. Tranquillement, avec force et passion, comme un bon feu qui crépite. Elle est délicieuse et sait se faire attendre. Elle est audacieuse et retrousse les filtres un à la fois. Elle devient coquine quand on espère, quand on fume de l’intérieur, quand un mot nous chavire, quand des yeux nous appellent.

Elle est de terre lorsqu’on nous rappelle au cycle et à l’ordre des choses. Lorsque notre hiver est arrivé porté par l’immaculé et qu’il s’allonge sur nos flancs savants, dans notre dernier lit blanc. Il nous rejoint telle la douce neige qui tombe ou tel un blizard qui s’abat par surprise.

Elle est d’air et de lumière lorsqu’on lâche-prise sur notre quotidien terrestre et tout ce qui nous afflige. Comme à l’automne, elle vente sur notre vie pour débarrasser ce qui doit, remettre du mouvement dans nos cheveux et faire frémir cette peau délicate et mortelle qui nous recouvre.

Dans le rêve, on s’en détourne pour embrasser le céleste et danser avec le soleil d’autres galaxies. Mais on y revient toujours car elle est chez soi.