#fables

Il est de ce monde, des scènes tellement émouvantes que les mots échouent à décrire. Une étoile scintillante, la constellation d’Orion, un mouvement d’entraide, un ruisseau lumineux, le rire haut-perché d’une vieille qu’on affectionne, le gros-colleux du petit dernier, la bouffe de grand-maman, un souper de famille, notre potager en pleine croissance, nos enfants qui nous épatent.

La vie se livre à nous a petits pas, sans flafla. Elle est vraie, elle se compose de tout ce qu’on aime, tout ce qu’on attend, tout ce qui nous rend vulnérable. Elle est merveilleuse et magique. Elle est douce et rude à la fois. Elle est roses et marguerites, pivoines et muguet.

Elle se livre à nous comme on lit notre roman préféré, comme on dévore une série qu’on découvre, comme on embrasse un amant. Tranquillement, avec force et passion, comme un bon feu qui crépite. Elle est délicieuse et sait se faire attendre. Elle est audacieuse et retrousse les filtres un à la fois. Elle devient coquine quand on espère, quand on fume de l’intérieur, quand un mot nous chavire, quand des yeux nous appellent.

Elle est de terre lorsqu’on nous rappelle au cycle et à l’ordre des choses. Lorsque notre hiver est arrivé porté par l’immaculé et qu’il s’allonge sur nos flancs savants, dans notre dernier lit blanc. Il nous rejoint telle la douce neige qui tombe ou tel un blizard qui s’abat par surprise.

Elle est d’air et de lumière lorsqu’on lâche-prise sur notre quotidien terrestre et tout ce qui nous afflige. Comme à l’automne, elle vente sur notre vie pour débarrasser ce qui doit, remettre du mouvement dans nos cheveux et faire frémir cette peau délicate et mortelle qui nous recouvre.

Dans le rêve, on s’en détourne pour embrasser le céleste et danser avec le soleil d’autres galaxies. Mais on y revient toujours car elle est chez soi.

Les « Pourquoi? »

Malgré l’approche de la 40aine, je conserve un côté enfant qui souhaite que la magie existe bien en ce monde. Au plus profond de moi, j’avoue faire le vœu qu’elle ne soit pas que coïncidences ou en lien direct avec notre capacité de nous émerveiller. Je veux des dragons, des farfadets, tout ça.

La petite histoire de la série des « Pourquoi? »

Bien que mon petit de garçon de presque trois ans commence à fabuler et à raconter des histoires divertissantes, il pose aussi un nombre croissant de questions. Même si j’en suis étourdie, je me force à me pencher sur des questions sérieuses comme:

  • Pourquoi les chats courent?
  • Pourquoi est ce que je regarde dehors quand je conduis?
  • Pourquoi ça?
  • Pourquoi qui?
  • Pourquoi, pourquoi?
  • Maman?

Je réponds avec beaucoup de créativité et parfois même avec poésie à ces questions fondamentales. Je me dis que le nombre de questions m’autorise à la dérision et aux réponses empreintes de magie. C’est quand même mieux qu’un « parce que » bien sec. Jugez-moi tant que vous voulez, un grain de folie n’a jamais tué personne. Et qui n’a pas connu la ténacité d’un trois ans à obtenir des réponses satisfaisantes, ne pourra « juste pas » comprendre.

Mise en garde: La question suivante revient périodiquement, c’est-à-dire, soir après soir.

  • Maman? Pourquoi il fait noir?
  • Parce que c’est le soir, mon coeur.
  • Pourquoi c’est le soir?
  • Parce que le soleil s’est couché.
  • Ah… Pourquoi?

Tu vois mon coeur, ça fonctionne comme ça. D’abord, le soleil se lève le matin parce qu’il est amoureux des oiseaux. Il aime les regarder et les écouter chanter. Les oiseaux ne chantent pas quand il fait nuit. Alors, le soleil brille dans la journée pour que les oiseaux lui fassent des parades, chantent et voguent sur les courant d’airs chauds. Ensuite, quand le soleil est fatigué d’avoir créé la lumière toute la journée, il part dormir. Il cède sa place à la Lune.

La lune accepte de remplacer le soleil parce qu’elle est amoureuse des étoiles. Elle sait qu’elle ne peut pas les voir beaucoup pendant la journée, à cause du soleil qui brille trop fort. Elle sort donc la nuit, tamise sa lumière et permet aux étoiles, qu’elle aime tant, de briller de mille feux.

Tu seras surpris d’apprendre qu’il y a des nuits où des milliers d’étoiles effectuent des plongeons en laissant des traînées lumineuses derrière elles. Elles filent à toute allure pour rattraper le temps et transformer les adultes en enfants. Elles adorent faire rêver les humains qui les voient. Elles partagent leurs rêves secrets.

Parfois la nuit, les aurores boréales débarquent pour donner un spectacle. C’est toujours une surprise. Magnifiques et insaisissables, elles prennent d’assaut le ciel en s’ondulant telles des sirènes aux longs cheveux et à la queue de poisson; translucides et incandescentes. Comme un chant de sirène, leurs lumières hypnotisent et nous gardent dans un étant d’enchantement.

Voilà, mon coeur. C’est un peu tout cela qui se passe avec le jour, la nuit, les étoiles et tout ça. Viens, on va jouer dehors.

Pourquoi?

(soupir d’étonnement et sourire en coin)

Si ce récit vous a plu, n’hésitez pas à le partager ou à commenter avec un thème de Pourquoi? que vous aimeriez voir expliqué ici.