#café

Aujourd’hui, dans la série d’articles J’AIME MON COIN DE PAYS, j’ai envie de te parler d’une expérience qui m’a remise sur la track, comme on dit. J’étais en congé de maternité et il me manquait quelque chose. J’avais ce vide au fond de moi qui ne pouvait pas être comblé par le seul fait d’être mère. J’ai presque honte de l’avouer. J’étais en manque de voir du monde, de rire fort avec des adultes et de me dépenser. Il fallait que je trouve un moyen qui me permette de sortir d’un tourbillon négatif créé par le manque de sommeil, les hormones et le fait d’être coupée du reste du monde. J’ai pensé à mon bucket list:

  • travailler dans un resto;
  • voyager;
  • créer mon entreprise;
  • retourner aux études;

L’heureux adon… adonna.

La garderie qui s’occuperait à temps plein de mon deuxième enfant, lors de mon retour au travail, avait libéré une place qu’il fallait obligatoirement occuper. Ça a instantanément réglé mon conflit de culpabilité. Je me suis dit: Envoye, go ma chère, t’as quelques mois à occuper! J’ai donné quelques CV dans des restos populaires, sans succès. Puis la belle Cindy m’a parlé de quelqu’un qui venait de reprendre le Café en ville et qui cherchait quelqu’un pour combler deux midis par semaine. Génial! Alors, qui veut d’une fonctionnaire, à l’aube de la 40aine qui fait plus 35 ans que 25 ans (il faut se le dire) et qui n’a pas d’expérience récente en restauration? Personne? Personne sauf:

Rosalie

Rosalie du Rose Barista Café (clique sur son nom pour la voir en action). J’ai fait une journée d’essai. Elle m’a dit: Je suis satisfaite. Moi, j’avais chaud et j’étais énarfée comme une fille à sa première job! Alors, j’ai récidivé. Je suis rentrée chaque fois qu’elle a eu besoin de moi, pendant quelques mois. J’ai appris les trucs de base, j’ai servi des clients à la caisse et j’ai fait des cafés.

Veux-tu un bon café?

Combien de fois as-tu entendu ça, dans ta vie? Des tonnes.

Qui le demande? Des parents, des amis, du monde qu’on aime. Servir du café, c’est comme mettre un plaster sur la mauvaise journée de quelqu’un. C’est comme donner un flocon de joie, une bille de rire, un morceau de soleil. C’est naturel. Ça vient avec.

Travailler là m’a remis les valeurs à la bonne place. J’ai revisité le principe que la plupart travaille dur pour gagner son salaire. Tu vas me dire que je suis fonctionnaire? Oui… bon, c’est un autre débat. Câline, j’étais de bonne humeur, là…

On travaille fort dans le rush du midi. Desfois, Rosalie et moi on a même pas le temps d’avoir un contact visuel pendant plus d’une heure, parce qu’on est dans le jus. Il y a du monde jusqu’à la porte, ça attend à la caisse, il faut faire les cafés, la vaisselle s’accumule, les take outs doivent sortir, etc. J’entends Rosalie qui se parle toute seule pour rester concentrée. Malgré tout ça, l’important c’est le client. Rosalie donne son 110% sur chacune des assiettes qui sortent. Je sers chacun avec le sourire. Chaque personne qui entre a choisi ce Café pour venir collecter son petit sucré, son plat exotique, son brin de chaleur. Alors, j’honore ça pis je vais lui donner.

C’est gratifiant d’être témoin de la vie des gens, 5 minutes à la fois. C’est comme un soap, je ne me tanne pas. Il y a ceux qui entrent et sortent en coup de vent, ceux qui sont tellement discrets qu’on ne les a pas entendus rentrer, les richs and famous and glamourous, ceux qui s’installent pour passer un moment dans un oasis et ceux qui s’installent parce qu’ils veulent rester un peu et profiter de notre présence. Je dis notre, mais c’est Rosalie qu’ils viennent voir.

Au Rose Barista Café du mardi au vendredi, sur l’heure du dîner.

Elle les connais bien, elle les aimes de tout son cœur, elle s’inquiète même pour eux s’ils s’absentent trop longtemps. Elle se rappelle des spécificités de chacun des habitués. Elle les traite comme de la famille. Elle leur fait des petits caprices parce que ça lui fait autant plaisir qu’à eux.

Au final

Je pensais m’être trouvé un job, un divertissement, mais j’ai rencontré une amie. Une amie touchante et ouverte. Une personne généreuse, qui veut que tu apprennes, qui blague, qui parle fort avec une sincérité désarmante. Je l’ai aimée tout de suite. Petite, mignonne comme tout, l’oeil vif, le sourire en coin et un vocabulaire… coloré et imagé. 😉 Dès les premières journées, on a parlé comme si on se connaissait depuis toujours. Rosalie a quelque chose qui n’est pas donné à tout le monde, elle sait écouter. Ça fait de sérieuses, belles et mouvementées conversations.

Et puis, c’est tout un chef. Elle a fait ses classes, elle a ensuite travaillé dans de beaux restos à Montréal et dans la région. Son expertise lui permet d’offrir à sa clientèle des produits faits maison qui sortent complètement de ce que l’on trouve dans le secteur.

Je passe sous silence des bons moments avec d’autres membres de l’équipe, mais je ne les oublient pas. Toute l’expérience m’a redonné le goût du public et l’énergie que ça apporte! Même, le goût de m’impliquer dans ma communauté. Voici une photo pleine de joie de vivre. Votre humble bloggeuse à droite, qui participe à la tournée de promotion de Nez Rouge avec le Rose Barista Café.

Tout ça pour vous dire de ne pas hésiter une seconde. Si vous pensez qu’un loisir, qu’une sortie, qu’un job, un voyage, n’importe quoi; si vous l’avez en tête, ce n’est pas un hasard. Il y a quelque chose à aller y chercher et/ou y donner. Il y a une expérience qui s’y cache pour grandir.

Pas un hasard

Foncez. La vie est trop courte pour rester dans sa croûte de malheur (c’est dégeu pis ça pue! hahaha).

Dee qui vous souhaite une année d’actions et de dénouements positifs et de passer par Louiseville pour rendre visite à cette entrepreneure jeune et dynamique.

Bravo Rosalie. xxx

Depuis quelques mois, j’élabore un plan machiavélique pour me débarrasser de mon vieux blender que je veux remplacer par un plus jeune. Vous savez, zéro déchet et tout ça.

Ce qui suit constitue une leçon à retenir par rapport au pouvoir de manifestation. Il faut visualiser, être assidu, fournir un effort soutenu; jusqu’à ce qu’un jour, TADAM! Souhait exaucé 😉

Merci mon vieux (blender)

J’avoue que j’ai visualisé sa mort plusieurs fois dans les dernières semaines. Pour être honnête, chaque fois que j’ouvrais l’armoire des chaudrons. Vous savez, celle qu’on ouvre chaque fois que les mioches sonnent le déjeuner, le dîner ou le souper. Celle qu’on ouvre encore pour ranger. On l’ouvre très souvent. Très, très souvent.

Avec les enfants, les purées, la mode des smoothies, les potages, les tentatives de mélanges à crêpes, les cafés glacés et les margueritas pour survivre… mon mixeur aurait pu faire un film. Mais non.

Je n’ai pas su l’apprécier (mon vieux blender)

Avec son peu de wattage, il avait de la misère à me turner on et puis il était mou. Il peinait à casser la glace nécessaire à mes petites envies de sucré (jour ou nuit, je suis insatiable). Il avait changé d’attitude. Même si j’avais le chic pour enfoncer le bon bouton et le foutre en rogne, il n’accélérait plus, il avait changé de voix, Il était devenu sifflant-silant. Il lirait et m’exaspérait. Alors, je l’ai poussé à bout.

C’est en tentant une dernière fois de briser cette glace que la mort est venue le broyer. Il a crié, roté une pièce, baisser en puissance jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus. Il a quand même fini mon drink… que j’ai bu pour célébrer sa mort.

Je fais le serment d’honorer mon prochain blender plus jeune, plus costaud et plus vigoureux!