AMOUR

Aujourd’hui, j’ai envie de te parler de quelque chose de particulier. La «compartimentalité» Je ne sais pas si le mot existe pour de vrai, mais bien honnêtement, je m’en fous un peu parce que je trouve que ça reflète exactement ce que je veux dire et que je ne suis pas dans une joute compétitive de Scrabble.

Compartimentalité Définition Deequipédia

  • Compartiment: petite place délimitée par son contour qui sert à mettre des choses dedans.
  • Mental: petite place délimité par son contour qui nous empêche d’aller au-delà de ce que l’on perçoit.
  • Ment: ce que l’on se raconte à soi-même pour se faire croire que nous sommes dans notre droit, que c’est comme cela que les choses/événements/personnes doivent être pris en compte.
Commence-tu à voir où je m'en vais avec ça?

Des croyances qui ont la vie dure

Une fois de temps à autres je sors de mon ordinaire pour avoir un accès de conscience. Jamais planifié, plus souvent qu’autrement ça me tombe dessus comme une tonne de briques.

Jadis, la guerre.

Mes parents sont des gens forts. Des gens qui ont appris à survivre, qui tiennent le cap «no matter what», qui ne coulent pas de larmes devant leurs enfants (ou si rarement que ça en fait des événements).

Pour ma part, je suis plutôt hypersensible et à fleur de peau. Ça « clash » un peu, comme dirait l’other.

Ce clivage entre ma croyance de ce que c’est d’être fort et MOI, m’a amenée à compartimenter ma vie pour la rendre plus douce et plus supportable. Les arrêtes entre mes compartiments étaient si affûtées qu’elles coupaient tout net ce qui tentait de s’y glisser au dehors.

J’ai eu beaucoup de plaisirs sans culpabilité de cette façon. Je ne faisais pas dans la dentelle, je jetais par-dessus bord sans remords, je refoulais les sentiments forts pour éviter les meurtrissures, je défiais, je testais les limites… sans reconnaître les miennes que je voyais comme des chaînes. Je chérissais ce sentiment de toute puissance de celle qui ne se laisse pas ébranler facilement. De celle qui est capable de remettre quelqu’un à sa place parce qu’il le mérite, de la justicière, de l’amie forte, etc.

Jusqu’à ce jour où j’ai réalisé que tout ce temps, je ne laissais pas vraiment l’amour entrer. Tout ce temps, je ne croyais pas que l’on puisse réellement m’aimer. Voilà ce que je fuyais à tout prix. Ça a pris plusieurs échecs amoureux, plusieurs départs et plusieurs décès pour réaliser tout ce que je m’étais fait manquer. Probablement mon plus grand regret à ce jour.

Tout ce que je me suis fait endurer pour me convaincre que j’étais inatteignable.

Finalement j’ai compris que le prodige ne se trouve pas dans tenir l’autre à distance, il tient à le laisser entrer; il tient à accepter le sentiment qui monte, à lui donner son importance, à reconnaître ce qu’il bouge en nous et le laisser libre. Ne pas s’y accrocher. Pourquoi continuer de détester quelqu’un qui nous a fait du mal et qui a disparu de notre vie? Pourquoi se retenir de dire à quelqu’un qu’il nous fait sentir bien?

Porter le poids

Certainement, je ne suis pas unique. Si tu lis encore, peut-être que tu t’es perdu dans une recherche sur le gros G en tapant « diète » mais peut-être aussi que tu reconnais une part de vérité dans ce qui a été écrit plus haut. Peut-être as-tu vu ton reflet dans ce texte. Qui sait? Alors, raconte-moi si toi aussi tu portes le poids de ce que tu dis.

Pas clair? Ok, je m’explique. Souvent, je retiens quelque chose que je voudrais adresser à quelqu’un parce que je me demande comment ça sera compris ou comment cela affectera ma relation avec cette personne. En ce sens, je porte le poids de ce qui ne m’appartient pas. Je prends sur mon dos toute la responsabilité de ce que je communique. Hors, il se trouve que j’ai tort. Je suis responsable de ce que je dis mais à partir de la réception du message, pourquoi m’en faire?

Ma conscience , qui fait régulièrement des spots check et qui m’envoie des coucous énervants que je tente d’ignorer, me disait l’autre jour:

Tsé Steph, tu t’en fais trop et tu ne fais pas assez confiance. T’as l’impression que la personne en face de toi ne sera pas capable de prendre ton message pour ce qu’il est. C’est une maudine de belle façon que tu as de te défiler. Prends donc ton courage à deux mains, dis ce que tu as à dire. Avec le vocabulaire que tu as, tu devrais trouver un moyen de présenter ça honnêtement. Si l’autre garde le silence, déforme, ne te demande pas d’explication, ben ça lui appartient câlisse! Arrête de te sentir mal, de sentir que tu fais de la peine, de retenir… Bon Dieu! Tu sais quoi, ce que tu ne dis pas te paraît dans la face anyway ou s’entend vraiment pour presque n’importe quel sourd. Tout ceux qui te connaissent savent qu’il va pleuvoir quand tu gardes le silence, que tu arrêtes de niaiser ou de chanter. Permets-toi d’être qui tu es. Pas du cheap. Pas du toque. Si tu te fais rejeter, le match était nul en partant.

De retour chez Moi

Je ne peux pas argumenter avec ma conscience. C’est ma vérité. Peut-être pas la tienne mais la mienne. Je rentre à la maison. Je retourne en moi pour sonder ce qui s’y passe. Avec le COVID, on ne peut plus aller et venir comme on veut. Raison de plus pour ne plus fuir et faire des efforts pour aller mieux dans ma tête, mon coeur, ma vie, ma famille et ma demeure.

Je me suis longtemps intéressé aux autres pour ce qu’ils pouvaient m’apporter, souvent un divertissement de ma propre vie. Dans les dernieres années, j’en ai tiré beaucoup de sentiments d’échec, de manque et d’insatisfaction. J’ai envie de connaître ceux qui m’entoure parce que je les aime, parce que je veux les laisser entrer dans ma vie. Petit changement au programme, j’ai envie qu’ils me connaissent aussi, pas seulement un pâle reflet.

Je veux dépasser certaines situations que j’ai laissé devenir des poids, auxquelles j’ai permis de mettre un frein dans mon évolution. Je veux les laisser partir sans les regarder s’éloigner puisqu’elles deviendront sans importance. Je ne baisserai plus les yeux pour mettre quelqu’un à l’aise mais je vais les remplir de compassion et d’empathie. Je vais prendre du temps pour moi pour être au meilleur de moi-même pour guérir et être forte de mes expériences et en faire bénéficier ceux que j’aime.

Je veux le retour du printemps après cette saison morte qui dure depuis trop longtemps. Je veux prendre les enseignements offerts par ma vie, en assumant ma juste part et en me permettant d’être Moi. Je peux pleurer en public, rire très fort, prendre la défense d’un enfant innocent parler la bouche pleine, boire un peu trop, inviter trop de monde à la maison, aller me coucher pendant qu’ils y sont encore, laisser mes enfants se salir, jouer et parler fort, être en colère.

J’évite maintenant de médire, de me plaindre, d’accabler, de fuir, de procrastiner.

Je me donne le droit d’échouer. Je dose le repos et le travail sans me soucier de ce qu’il faudrait que je fasse pour être correcte. Je suis correcte quand je me sens bien avec ce que j’accomplis. Je pratique le lâcher-prise, en particulier de la culpabilité.

Décompartimentalité en cours

Le plus important pour l’instant est de sortir tout ce qui se trouve encore dans ces cases que j’ai astiquées pendant des années. Tout mettre pêle-mêle sur la table. Tout repasser et mettre au panier ce qui est obsolète, ce qui manque des pièces, ce qui me fait me sentir seule. Ah, je sais… «Ça va daitre lette!»

Garder, remettre en ordre et exposer des conseils, des parcelles d’amour, des souvenirs qui me font sentir belle et riche, des vérités instructives.

Je me permets de garder un compartiment: le coffre à gants. Sur la route, il arrive que je ne sache pas tout de suite quoi faire de ce que je viens d’accueillir à bord et que j’aie besoin d’un peu de temps pour trouver et éviter de me mentir.

Juste le temps…

J’avoue, je trompe ce blogue avec un autre blogue auquel je suis fidèle depuis plus de deux ans.

Je teste votre amour en vous mettant le lien vers mon plus récent post, un poème de ma jeunesse que j’ai repris pour replonger dans ce qui m’a forgée en ce que je suis devenue aujourd’hui.

Je  me sens vulnérable en partageant mon romantisme de l’époque et, comme c’est quelque chose que je veux travailler, voilà.

Cliquez ICI pour le poème.

Premiers amours, premières fois, premières leçons. 🙂

Commentez et partagez.

Merci.

Eh bien voilà.  De retour au travail après un an en la plus belle compagnie du monde, mon coco. Ce n’est pas une mauvaise chose pour mon cerveau qui devenait peut-être un tout petit peu paresseux malgré lui. Je vis moins bien de laisser mon enfant à la garderie 5 jours sur 7.
Heureusement, mon conjoint ne travaille pas le vendredi la plupart du temps, alors peut-être que Loulou ira seulement 4 jours.  Et puis je peux toujours demander à mamie de le prendre une journée de temps en temps, ce qui réduit le temps passé à la garderie.  Et puis peut-être que je pourrais faire modifier mon horaire pour ne pas travailler les lundis mais travailler les samedis… ouin mais là je n’aurai plus de vie de couple, ni sociale… mais la vie sociale est déjà perdue, right? Retour au travail après un premier bébé, reste plus de jus pour faire de quoi la fin de semaine sauf sauver ta vie en te tapant une semaine de repas le dimanche. Je dramatise pour imager.
Faut croire que je ne suis pas assez zen pour vivre avec moins de confort en réduisant ma semaine de travail et mes revenus.  Le problème c’est qu’il faut choisir. Plus souvent avec ses enfants, moins d’argent; moins de temps, plus de sous.
Solution peu coûteuse, dédramatiser en raisonnant :

1- J’ai bien choisi la garderie, j’ai confiance qu’il est stimulé et en sécurité.

2- Il fait un gros dodo d’après-midi, donc il passe moins de temps conscient qu’il n’est pas avec nous (celle-là passe difficilement)

3- En étant bien organisée, je peux passer du temps de qualité avec mon fils le soir et les fins de semaines (c’est pas pathétique, hein?)

4- Je m’ennuie.

5- Bon ça marche pas s’te liste-là.

Quoi de mieux qu’un bon chat entre amis :
Ami: le 1er matin où tu vas te battre avec pour qu’il mette ses cliss de bottes…..   
Moi: je vais t’écrire promis
à date ça va mais je pense à revirer le siège de bord pour éviter la crise du « je wériencolikmaman »quand je l’asseois dans son siège
Ami: lol!!
Moi: qui va de paire avec le « yapadplasspouléjamb »
Ami: lol!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Moi: pis le « latukdinzieuahmamannnnnnnnnnnnnnn »
Bon, j’ai ri un peu.  C’est le premier jour, ça va aller de mieux en mieux.
Toutes les femmes me disent : « Ça va s’améliorer, tu vas voir, tu vas t’habituer. » Le pire dans tout ça c’est qu’on s’habitue vraiment, dans la plupart des cas. On a un super bon régime de congé de maternité et parental au Canada, sérieusement.  Je ne crache pas sur le pain.  J’essaie d’imaginer ce que ce serait, parcontre, si on permettait aux parents de travailler 3 jours par semaine au lieu de 5, avec un salaire similaire, pour élever son enfant pour les 2ieme et 3ieme années.
Qu’est-ce que ça coûterait à l’état, en considérant entre autres les coûts associés aux garderies subventionnées, les retours d’impôts et l’administration de ces programmes?
Rêvons un peu et disons qu’un parent par famille, par enfant, pourrait obtenir une compensation de l’état pour les deux jours par semaine où il s’occuperait de son enfant et ne l’enverrait pas à la garderie. Seulement pour les parents intéressés, bien sûr.  Imaginons que l’employeur soit tenu d’accommoder son employé en ce sens.
Est-ce que ce ne serait pas bénéfique pour :

1- La conciliation travail-famille?

2- Le désengorgement des services publics?

3- La création de places en garderies?

4- La gestion des absences au travail?

5- La productivité des employés-parents?

6- Le maintien d’une économie forte?

Je me demande simplement.  Je n’ai ni les compétences ni les connaissances actuellement pour débattre de cette suggestion, mais je m’interroge sur la façon dont NOUS (les parents, les familles, les gouvernements) réfléchissons à cette situation. Comment voulons-nous, comme société, regarder grandir nos petits amours?
Partagez si vous avez les mêmes questionnements, réagissez à cet article pour montrer que vous êtes là et que vous croyez que les mentalités peuvent s’ouvrir et changer. Peut-être que ça fera assez de chemin pour être entendu et étudié.
❤Dee