La vie est un garde-robe


On grandit tous. De l’intérieur, de l’extérieur, on change tous. On passe des phases ou on a plus de dents, plus de cheveux, des étoiles dans les yeux, des varices, des craques dans le cerveau, des petits trous dans le coeur, le torse bombé de fierté, des descentes de vessie, des rides de bonheur sur nos paupières et des cascades sur nos genoux.

Pour se garder une petite intimité on s’habille, on se couvre.

On porte nos vêtements de vie.

Trop petits, trop grands, troués, élimés, usés, avec les couleurs qu’il y avait parce qu’on les a acheté usagés ou qu’on les a empruntés, souples et confortables ou beaux avec ces paillettes qui nous faisaient envie depuis longtemps.

Desfois, on ne porte pas les vêtements de saisons, alors on a trop chaud ou trop froid. C’est pas pour dire, on essaie de s’adapter au climat, mais ça ne fonctionne pas. On est pas en phase avec la Vie, on est dans la lune, on est loin de soi. On se demande ce qui cloche, sans remarquer que la Vie a passé quelques saisons.

«Pourtant, messemble qu’il me va bien ce linge-là?» Peut-être que oui, mais t’as oublié de regarder autour. Le soleil, la neige, la plage, la montagne, le vent, la pluie, l’ironie. Tu peux être authentique, il y a plusieurs façons de l’être. C’est pas vrai qu’il y a juste les jeans qui te font bien. Faut essayer autre chose. Quelque chose de saison. Tu peux être toi-même aussi dans quelque chose que t’es bien dedans, mais qui fait différent, qui sort de ta zone de confort.

L’habit ne fait pas le moine

Parfois on emprunte ses vêtements à quelqu’un qui ne fait pas notre taille. Aussi, on peut s’obstiner à remettre quelque chose qui traîne depuis 10 ans dans le placard. Le résultat est similaire. Ça nous rend pathétique et nous donne l’air ridicule. On devient une caricature, un personnage. Le bas de la bédaine à l’air, un chandail tellement grand qu’on dirait qu’on a perdu la course de sac a patates, ou tellement plein de trous qu’on dirait qu’on a laissé échapper notre bonheur. C’est tellement absurde que les gens n’osent plus nous regarder. Ils ressentent un malaise, à cause du costume.

Faut y aller de son temps, ma vieille! De mettre ton «suit» d’ado quand vient le temps de «mettre tes culottes» d’adulte pour prendre des décisions ou avoir une vrai conversation…ça ne passe plus le «dress code» nulle part.

C’est aussi un peu le problème quand les parents veulent habiller les enfants d’une famille avec le linge du premier né. « C’t’encore bon! Pis notre plus vieux est devenu une bonne personne avec du succès! » Oui, desfois on peut passer un beau morceau de l’un à l’autre. Mais, règle générale, les différences subsistent et nécessitent un peu de modifications sur mesure.

Sur mesure

Le bonheur, c’est quand tu tombes dans ton ensemble parfait, celui qui est « confo», celui qui est de la bonne couleur, celui qui est flatteur sur tes courbes ou ton absence de courbes; ça se sent instantanément. Ton corps se détend, tu réapprends à t’apprécier, tu ne ressens pas le syndrome de l’imposteur. T’as envie de sortir pour te montrer.

Du fait sur mesure, ça coûte plus cher, ça demande de la patience, il faut faire des choix et des agencements. Ça arrive qu’il faille reprendre le vêtement à cause d’une mauvaise mesure. Au final, ta tenue fera envie, ta posture sera complimentée et ton expérience de la Vie sera plus agréable et vraie. Tu pourras mettre ton attention sur ce qui est important sans être distrait parce que tu as l’air parce que là, ça, t’es confortable avec!

P.S: Sortir du garde-robe.

Je ne pouvais pas, ne pas en parler.

Sortir du garde-robe, à mon sens, n’est pas réservé à un type d’individu en particulier. Bien sûr, la communauté gai/lesbiennes/trans s’approprie presque le monopole de l’expression. J’ai presque eu peur d’écrire ce qui précède. Je vais peut-être me faire traiter de noms… qu’à cela ne tienne, je n’aime pas les monopoles!

Je pense que l’analogie plus haut exprime bien ce que je ressens. Sortir du garde-robe, pour moi, ça veut dire assumer ce que nous sommes et qui nous sommes. Ça veut dire s’assumer en public et dire ce que l’on pense. Ça veut dire, trouver sa place. Qu’elle soit à gauche, à droite, en haut, en bas, en marge ou drette au milieu et d’en tirer le meilleur parti pour soi et pour sa communauté. On a tous besoin de quelque chose, mais il y aura toujours quelqu’un qui aura besoin de nous pour ce que l’on est.

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